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5 Août
2009

Dubaï, l’émirat du faux

Par Michel Julien | Catégories : Émirats Arabes Unis, Top luxe

Îles artificielles, station de ski intérieure, centre commercial imitant un souk, développement résidentiel reproduisant un village du Far-West, oui, Dubaï est l’Émirat du factice, de l’artificiel et de l’imitation. Mais tout n’est pas faux à Dubai. Le luxe est vrai et l’émerveillement des visiteurs, tout à fait réel.

Pour comprendre une ville, l’idéal c’est de visiter d’abord ses vieux quartiers. Mais quand on demande où est le vieux quartier de Dubaï, on ne sait trop quoi nous répondre. Il y a le quartier des souks, qui date des années 1950 et le quartier du World Trade Center, datant des années 1990, mais le vrai «vieux Dubaï» existe t-il?

Quartier de Bastakia, Dubaï

Quartier de Bastakia, Dubaï

Ici le «vieux quartier», c’est Bastakia, un périmètre de moins d’un kilomètre carré qui comprend de beaux exemples d’architecture traditionnelle dubaïote. En majorité construits au XIXe siècle, les bâtiments du quartier étaient à l’origine les maisons de ces pêcheurs iraniens qui ont contribué à fonder la ville. Tout y est restauré avec minutie, si bien que l’apparence tout à fait neuve du quartier gâte un peu l’effet d’authenticité.

C’est néanmoins un quartier où il fait bon se perdre, découvrant çà et là galeries d’art et boutiques d’artisans, de même qu’un café d’artistes, le Basta Art Cafe.

Dans la cour intérieure de l’une de ces vieilles maisons restaurées, le restaurant Bastakiah Nights propose une cuisine arabe traditionnelle simple et savoureuse, servie avec du thé et des jus de fruits. Bien que la cuisine de ce resto soit typiquement arabe, elle ne représente pas ce que mangent tous les jours les familles dubaïotes. Malgré nos recherches, nous n’avons trouvé aucun restaurant servant la vraie cuisine du terroir de Dubaï.

Le restaurant Bastakiah Nights, Dubaï

Le restaurant Bastakiah Nights, Dubaï

Une promenade dans les souks

Juste au nord du quartier de Bastakia s’étend le souk de Bur Dubaï dont les ruelles sont bordées de boutiques tenues majoritairement pas des immigrés indiens. Des dizaines d’échoppes offrent des soieries indiennes, des vêtements bas de gamme et du matériel électronique bon marché.

Une boutique de soirie indienne tenue par un marchand afghan, souk de Bur Dubaï

Une boutique de soirie indienne tenue par un marchand afghan, souk de Bur Dubaï

L’atmosphère bon enfant qui règne dans le souk et la foule animée qui le fréquente ont tôt fait de rassurer les visiteurs. Partout, les boutiquiers invitent les passants à entrer essayer un foulard indien, des chaussures afghanes ou une paire de lunettes de contrefaçon. Jamais on ne se sent menaçé ou obligé d’acheter quoi que ce soit.

Un abra, une barque taxi, traverse la crique de Dubaï.

Un abra, une barque taxi, traverse la crique de Dubaï.

Épices du golfe persique.

Épices du golfe persique.

C’est à partir du souk de Bur Dubaï que l’on part en abra, une barque taxi, vers l’autre rive de la crique de Dubaï, un bras de mer de 9 km de long et de moins de 500 mètres de large.

De l’autre côté, le souk des épices : encens, indigo, cardamone et safran iranien, le meilleur, paraît-il.

N’hésitez pas à explorer les ruelles sombres et odorantes; entrez dans les échoppes et posez des questions.

Les vendeurs, pour la plupart d’origine iranienne sont accueillants et prêts à répondre à vos questions et à vous faire goûter à leurs produits.

À quelques pas du souk des épices, on découvre un souk unique en son genre, le souk de l’or.

Ici, tout brille; les vitrines sont garnies de bijoux allant d’anneaux simples jusqu’aux robes de mariage indiennes, entièrement fait d’or, bien sûr.

Parcourir les rues du souk de l’or la nuit tombée offre un spectacle saisissant.

Une boutique du souk de l'or de Dubaï.

Une boutique du souk de l’or de Dubaï.

Un paradis du shopping

Dubaï brille aussi par ses centres commerciaux. Le shopping, sport national, est pratiqué par tous et chacun, hormis bien sûr les travailleurs indiens et pakistanais pour qui Dubaï n’est qu’un lieu de travail qui leur permettra de se sortir un peu de la pauvreté.

À Dubaï, on court les centres commerciaux autant pour échapper à la chaleur suffoquante (50°C et 90% d’humidité en été) que pour admirer leurs décors souvent audacieux ou farfelus.

Au Dubai Mall, le plus grand centre commercial au monde, on trouve 1 200 magasins, une patinoire et un aquarium géant, alors que le Mall of the Emirates abrite 800 boutiques et la fameuse station de ski intérieure.

N’espérez pas trouver de grandes aubaines ici; certains produits sont plus chers, certains autres moins chers qu’en Europe et en Amérique.

Ce qui distingue Dubai du reste de la planète consommation, c’est l’étonnant choix de produits de luxe. Vuitton, Cartier, Hermès, Rolex et autres noms prestigieux se retrouvent partout. Quiconque veut s’acheter une montre de 100 000 $ trouvera un très grand choix de modèles dans une variété de marques.

Les ruelles couvertes du centre commercial Madinat Jumeirah de Dubaï

Le Madinat Jumeirah

Le Madinat Jumeirah comprend un centre commercial d’un genre différent des autres et quelques hôtels. Plutôt que d’aligner les boutiques dans de grands complexes intérieur à la nord-américaine, le Madinat Jumeirah prend la forme d‘un souk ancien recréé de toute pièces avec ses dédales de ruelles en partie couvertes d’élégantes structures de bois ouvragé.

Le centre commercial et les hôtels du Madinat Jumeirah sont séparés d’une rivière, fausse elle aussi, où se déplacent des barques de bois.

De la rive de ce cours d’eau, on peut admirer et photographier le fameux Burj El Arab avec, en premier plan, les bâtiments aux formes traditionnelles des hôtels du Madinat Jumeirah. C’est fort joli.

La terrasse du Centimetro

La terrasse du Centimetro

Pour prendre un verre avant de rentrer, il faut monter sur les toits du Madinat Jumeirah où se trouve la terrasse du Centimetro, un bar qui nous a ravit. Avec ses tables et fauteuils modernes, son éclairage tamisé et sa musique lounge, l’endroit est romantique et hip tout à la fois. Encore ici, on profite d’une belle vue sur le Burj El Arab.

L'hôtel Burj Al Arab vu du Madinat Jumeirah

L’hôtel Burj Al Arab vu du Madinat Jumeirah

De splendides hôtels

L’un des deux hôtels du complexe, le Mina A’ Salam, est édifié sur la plus belle plage de l’émirat, Jumeirah Beach. Contrairement à la grande majorité des hôtels de Dubaï, celui-ci est construit dans un style arabisant, ce qui offre enfin au visiteur l’impression d’être au Moyen-Orient.

Malheureusement, la plage privée est aussi réservée aux résidents de cet hôtel reconnu comme l’un des meilleurs de Dubaï. Pour se tremper les pieds dans le golfe Persique tout en admirant le célèbre Burj El Arab, il faut être client du Mina A’ Salam ou de son réputé restaurant.

Hôtel Mina A’ Salam, Dubai

Hôtel Mina A’ Salam, Dubai

Quelques centaines de mètres séparent le luxueux Mina A’ Salam de l’encore plus luxueux hôtel Burj El Arab qui se targue d’être un sept étoiles sur une échelle qui n’en compte en réalité que cinq.

L’hôtel le plus haut du monde, le Burj El Arab affiche d’élégantes lignes rappelant la voile d’un bateau. La nuit, l’édifice est baigné de lumières aux couleurs toujours changeantes, des projecteurs installés sur le toit parcourent le ciel, et à l’entrée, des torchent projètent des gerbes de flammes à plusieurs mètres. Très impressionnant.

L’élégance des lignes ultramodernes de l’extérieur du gratte-ciel contraste avec le clinquant sans style défini de l’intérieur. L’adage dit que tout ce qui brille n’est pas or. Au contraire, ici l’or est vraiment de l’or. Les portes dorées de l’hôtel sont en or, comme le sont les différents détails architecturaux. Non, la sobriété n’a pas sa place ici.

Le fameux hôtel Burj Al Arab

Le fameux hôtel Burj Al Arab

Impossible d’entrer au Burj El Arab «juste pour regarder», il est fortement gardé. Par contre, il est possible aux non-résidents de réserver à l’un de ses restaurants et ainsi pour voir de quoi a l’air l’intérieur de l’hôtel.

Pour admirer cet édifice étonnant de l’extérieur et sous le meilleur angle, il faut aller sur la plage publique, au nord de l’île artificielle où a été il a été construit ou encore mieux, sur la plage privée du Mina A’ Salam.

Autour de la marina

En se rendant à l’autre bout de la ville, alors que l’on croirait aller tout droit vers le désert, on découvre une autre forêt de gratte-ciels. Le secteur de la marina de Dubaï regroupe des tours à condominiums et une poignée d’hôtels luxueux dont le Grosvenor House.

C’est cet hôtel qui abrite le Buddha Bar, le pendant dubaïote de la célèbre boîte de nuit parisienne. Très à la mode, l’endroit diffuse sa musique world sous les chandeliers de verre rouges écarlates.

Tout près, le Roof Top accueille ses clients sur une magnifique terrasse située, comme son nom l’indique, sur le toit de l’hôtel One & Only. On y voit la mer et au loin, l’une des fameuses îles artificielles en forme de palmier géant. Abordable et confortable, avec ses alcôves garnies de grands canapés marocains, c’est l’endroit que nous avons préféré pour finir la soirée.

Les Émiratis minoritaires chez eux

La majorité de la population est constituée de travailleurs indiens venus à Dubaï faire un peu d’argent durant quelques années pour ensuite retourner chez eux. Quand aux Émiratis, ils ne forment qu’un maigre 15 % de la population de leur pays.

Toujours vêtus de la longue robe blanche traditionnelle, portant barbe, lunettes fumées de designer, montre de grand luxe et sandales, les Émiratis sont facile à reconnaître. Toujours occupés à leur blackberry et à leur téléphone, ils donnent l’impression de brasser de grosses affaires.

Le costume traditionnel est de mise chez tous les Émiratis de Dubaï.

Le costume traditionnel est de mise chez tous les Émiratis de Dubaï.

Quant aux femmes, elles sont presque toujours coiffées d’un foulard parfois serti de pierres précieuses et vêtues d’une longue tunique noire au bas de laquelle dépassent jeans Prada et chaussures Dolce & Gabana.

On les voit peu dans le quartier des affaires, mais beaucoup dans les centres commerciaux où elles sortent presque toujours en petits groupes souriants et plein d’entrain.

Contrairement à ce que l’ont croit en occident, les Émiratis ne sont pas de grands amateurs de voitures de luxe. La plupart des bolides Porsche, Ferrari et Bentley que nous avons croisés étaient conduits par des occidentaux. Les Émiratis, eux conduisent majoritairement des 4 X 4 Mitsubishi, Toyota et Land Rover.

Bien que la religion interdise l’alcool, il n’est pas exceptionnel de voir des Émiratis s’abreuver d’un scotch ou d’une bière dans un bar d’hôtel.

Généralement, toutefois, la sobriété est de mise en tout point et les nuits folles des boîtes de nuit de Dubaï sont plus l’affaire des touristes et expatriés.

Les Émiratis que nous avons eu la chance de rencontrer se sont toujours montrés très accueillants, ouverts et souriants. À nos questions parfois délicates sur l’équalité entre les sexes, le mariage, la famille et la vie de tout les jours, on nous a répondu sans détour, avec gentillesse et générosité.

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    1.
  1. […] emblématique de l’opulence des Émirats Arabes Unis, Dubaï a sans aucun doute réussi le pari de démontrer à toute la planète à quel point les Émiratis […]

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