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17 Mar
2010

Amelia Island : la Floride à la mode victorienne

Par Michel Julien | Catégories : États-Unis, Floride

C’est sur une île près de Jacksonville que la Floride aurait trouvé sa vocation touristique. Au XIXe siècle, alors que la Floride n’était que marécages et fermes d’élevage, Amelia Island s’établissait comme la première station touristique du Sunshine State.

Ancien repère de pirates et port de pêche, successivement territoire français, espagnol, anglais et américain, Amelia Island a connu bien des bouleversements avant de s’établir comme station touristique.

À la fin des années 1870, l’île n’était plus envahie par les flibustiers et les conquérants, mais par des milliers de touristes venus par bateaux des états du nord.

La première invasion touristique

Alors que la classe moyenne passait ses vacances dans les hôtels d’Amelia Island, la haute bourgeoisie se faisait construire de belles résidences dans les styles architecturaux en vogue à l’époque.

Amelia Island

Une jolie maison de style victorien de Amelia Island

Ainsi, plus de 450 maisons de style Queen Anne, Chippendale chinois, Renaissance italienne, ou Mississipi Steamboat ont été construites à Fernandina Beach, seule municipalité de l’île.

Au début du XXe siècle le chemin de fer s’est étendu vers le sud et Amelia Island est un peu tombé dans l’oubli, les villégiateurs préférant les nouvelles stations balnéaires du sud floridien.

Malheureusement pour l’économie de l’île, mais heureusement pour la conservation du patrimoine, l’absence de développement a permis à Fernandina Beach de garder son authentique cachet victorien.

Fernandina Beach a très peu changé depuis 150 ans. L’hôtel Florida House, ouvert en 1857, accueille toujours les touristes. La plupart des belles maisons de bois ont été restaurées et plusieurs abritent maintenant de luxueux gîtes touristiques.

Amelia Island

Plusieurs villas d’Amelia Island abritent maintenant de luxueux gîtes touristiques

Avec leurs grandes galeries, leurs décorations de bois ouvragé et les arbres qui les entourent, ces maisons ressemblent beaucoup plus à celles de la Nouvelle-Angleterre qu’aux bungalows typiques au sud floridien.

Près du port de Fernandina Beach, les anciens magasins de matériel nautique de Centre Street ont pour la plupart été transformés en boutiques d’antiquités et en cafés. On y trouve aussi le plus vieux bar de la Floride, le Palace Saloon, qui date de 1878. À l’intérieur, on peut admirer les boiseries et les caryatides sculptées qui ornent l’arrière du bar depuis 125 ans.

Amelia Island

Chez les militaires

Quelques années avant l’invasion des touristes, Amelia Island craignait plutôt l’invasion de troupes ennemis. Construit à l’extrémité nord d’Amelia Island, le Fort Clinch servait à défendre l’embouchure de la rivière Saint Mary’s.

Restauré, il est aujourd’hui animé par une équipe d’animateurs comédiens qui reproduisent fidèlement chaque aspect de la vie quotidienne des habitants d’un fort américain du XIXe siècle.

À notre arrivée au Fort, des soldats portant des uniformes de la guerre de Sécession tiraient du canon en direction d’un schooner rempli de touristes, prétendant qu’il s’agissait d’un vaisseau pirate.

Au même moment, dans un bâtiment de brique, des ouvriers s’affairaient à clouer le couvercle d’une longue boîte de bois.

Quelques minutes plus tard, ils sortaient en portant ce cercueil sur leurs épaules, suivis d’un long cortège de femmes en pleurs et de soldats au regard triste. Bien des touristes présents n’osaient prendre de photos de peur de troubler ce moment tragique, tellement tout celà semblait véridique.

Amelia Island

Case d’esclaves à Kingsley Plantatio.

Chez les esclavagistes

Située sur Fort George Island, le domaine de Kingsley Plantation offre un aperçu de la vie sur une ferme au temps des esclavagistes sudistes.

Au bout d’un long chemin bordé d’arbres, on arrive d’abord au quartier des esclaves de la plantation qui comprend 23 cases disposées en arc de cercle.

Une centaine d’esclaves de Kingsley Plantation vivaient dans ces maisonnettes fabriquées en tabby, une sorte de mortier composé de sable et de coquillages.

Quelques pas plus loin, on découvre des bâtiments de ferme et la belle maison blanche où le maître de plantation Zephania Kingsley vécu jusqu’en 1839. Quoique élégante, la résidence de Kingsley n’a rien à voir avec les châteaux de style georgien que l’on voit dans le film «Gone wih the wind».

Non, les planteurs n’étaient pas tous de riches aristocrates. Plus libéral que bien de ses compatriotes, Kingsley avait épousé une esclave sénégalaise qu’il avait acheté, puis affranchi.

Fuyant la société intolérante du sud des États-Unis, qui n’aimait guère ses opinions, il s’est ensuite établi en Haïti avec sa famille et quelques fidèles esclaves.

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