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9 Sep
2015

Arrêts gourmands à San Jose au Costa Rica

Par Jasmine Nadeau | Catégories : Costa Rica, Gastronomie - cuisines, Grandes villes

Le Costa Rica fait figure de pionnier mondial en matière de développement durable et le tourisme n’y échappe pas.

On a beaucoup entendu parler de cette oasis de verdure qui attire les touristes en quête d’expériences uniques en symbiose avec la nature et ses habitants. Mais une des facettes un peu moins connue du Costa Rica, c’est qu’on y mange bien, très bien même!


Le Costa Rica : un pays d’espoir

En matière d’environnement, les médias nous martèlent de scénarios catastrophes. Tranquillement on se fait à l’idée qu’il est trop tard, que l’issue est inévitable.

Pourtant, dans un coin du monde, un tout petit coin situé entre le Nicaragua et le Panama, se trouvent des gens exceptionnels qui font réellement une différence.

J’étais émue pour mes enfants, parce qu’en les écoutant me parler avec passion de toutes les mesures qu’ils mettent en place et de leur rôle de leader international en développement durable, ils ont tout à coup ravivé en moi une flamme presque éteinte, enfin une véritable lueur d’espoir.

Imaginez : ce petit pays qui représente à peine 0,03 % de la surface de la planète a réussi à conserver 5 % de la biodiversité mondiale. Quelque 26 % de sa superficie totale est protégée et le Costa-Rica est aussi le premier pays à avoir inversé le processus de déforestation, passant de 21 % de couverture forestière dans les années 1980 à 52 % en 2012 !

Écotourisme et gastronomie

Une de ses mesures, parmi tant d’autres, est le plan national pour une gastronomie saine, durable et équitable.

Avec ce plan, les Costaricains se sont donné comme mission de promouvoir les plantes indigènes oubliées, les aliments de production locale, bio et équitable, le développement durable, la valorisation des plats traditionnels et de mettre au défi les jeunes chefs afin qu’ils s’en inspirent et qu’ils produisent des plats d’avant-garde.

Ouf, tout un défi ! Et j’en oublie, j’en suis certaine. C’est dans cette optique qu’on nous a invités à découvrir les gourmandises et délicatesses du Costa Rica.

Fiera Verde à San Jose Costa Rica.

Le marché bio Fiera Verde à San Jose, Costa Rica.

Fiera Verde : un marché entièrement bio

On débute par la visite du Marché Bio de San José, le Mercado Fiera Verde, où tout est certifié bio et équitable. Favianna Scorza, la fondatrice, nous fait faire le tour de ce charmant marché dont toutes les tentes sont fabriquées d’anciennes bannières publicitaires récupérées.

Le marché attire sont lot de personnages un peu granolas, hippys chics, mais aussi des restaurateurs et des chefs à l’affût d’excellents produits.

San Jose au Costa Rica

Un bon café frais servi par Oscar et Favionna!

On s’arrête à prendre le café chez Oscar de Taza Amarilla qui nous sert une tasse bien chaude d’un café frais torréfié.

Favianna nous raconte que les paysans qui se sont inscrits au départ avaient peine à joindre les deux bouts. Produire bio coûte plus cher, mais aujourd’hui, ils sont tous sortis de la pauvreté et leurs enfants reviennent à la terre pour les aider.

Pour elle, c’est ça le succès. On sent toute sa fierté quand elle nous raconte qu’elle ouvrira un second marché bio au bord du Pacifique.

Gallo ranchero Costa Rica

Le gallo ranchero, petit déjeuner typique au Costa Rica

On y a goûté un gallo ranchero pour le petit déjeuner. Une tortilla de maïs, garni d’un oeuf, d’un peu de sauce tomate et le tout saupoudré de fromage. Excellent!

Deuxième arrêt, Château 1525, une académie culinaire à San Jose. L’académie forme les chefs qui par la suite seront recrutés par les hôtels du pays et les restaurants.

À l’école!

À l’académie, les apprentis chefs cuisent la baguette à la parisienne, produisent une bière artisanale et pour notre repas, ils ont relevé le pari de concocter des plats traditionnels et de s’en inspirer pour créer des versions moderne de classe mondiale. Très réussi.

Premier plat : pecadillos (un genre de brunoise) de pomme de terre, de chayote (ou cristophine de la famille des curcubitacés, dont le fruit est comestible ) et d’arracache (légume racine ou tubercule) est souvent mélangé à de la viande et servi sur une tortilla de maïs.

Second plat, Vuelve a la vida, est un ceviche version traditionnelle accompagnée d’un ceviche moderne revisité avec des crustacés dont je n’avais jamais entendu parlé.

Troisième plat, Olla de Carne, un genre de pot au feu costaricain d’influence espagnole, concocté d’un bouillon goûteux au boeuf et de légumes racines tels que des pommes de terre, cassava, tiquisque, carottes, yarms, etc.

Quatrième plat, la base de la nutrition du Costa Rica, le fameux rice & beans parfumé à la noix de coco et servi avec un poisson ou une viande.

En finale, le meilleur sorbetera que j’ai jamais mangé. Un sorbet un peu jaune doré à saveur de vanille, cannelle, muscade et aux épices jamaïcaines. Cette recette existe depuis plus d’une centaine d’années.

San Jose au Cost Rica

Le restaurant Tintos & Blancos offre aussi une très belle sélection de vin dans sa boutique.

Trois restos

Un soir, Alfredo Echeverria, notre spécialiste en gastronomie costaricaine et celui qui a implanté le plan national, nous a invités à un restaurant très intéressant : le Tintos & Blancos, un des rares bars à vin de San Jose qui sert de la cuisine méditerranéenne avec un maximum de produits locaux. Il participe lui aussi au programme.

C’est aussi ça la cuisine costaricaine, elle est influencée par l’Afrique, l’Espagne, les pays voisins et tous ceux qui sont venus s’y installer.

C’est une cuisine fusion, actuelle. Même si le restaurant s’approvisionne de façon locale et équitable, il y a certains produits qu’on ne produit pas au Costa Rica comme le vin qui doit être importé.

D’ailleurs, j’y ai bu un excellent Chardonnay du Chili, le Maycas del Limari, Quebrada Seca. L’ambiance était sympathique, le jeune chef talentueux s’est même joint à l’orchestre en jouant des percussions à la fin du repas. Une soirée magique!

Notre hôtel boutique, le Studio Hotel, véritable musée d’art costaricain, situé à 10 minutes du centre-ville et de l’aéroport, a lui aussi son restaurant responsable où l’on a mangé merveilleusement bien. La soirée était à la fête au Studio Café Bar & Grill.

Un orchestre de musique traditionnelle a accompagné notre délicieux repas préparé à partir de légumes locaux provenant surtout de fermes avoisinantes, de poissons et de viandes du pays.

San Jose Costa Rica

Marco Leiva, chef de la Furca.

Notre dernier restaurant visité, mais non le moindre, est La Furca, toujours à San José. Le décor est élégant et branché, derrière de grandes vitres se trouve un bel éventail de fromages fins.

Le bar invite à l’apéro, c’est chic et décontracté. Son jeune chef vedette Marco A. Leiva nous a fait visiter son jardin de légumes et de fines herbes situé dans une cour intérieure.

Malgré le prix très élevé tu terrain, il ne fait pas de compromis. Derrière le resto, il a aménagé un potager, essentiel à la fraîcheur de ses plats. Il adhère bien sûr au programme.

Comme nous étions une dizaine à table, ils nous ont servi des plats à partager, allant du foie gras aux pétoncles sur crème de poireaux truffée, aux grillades finement assaisonnées, goûteuses et tendres. Je ne sais plus combien de plats nous ont été présentés, mais nous avons mangé comme des rois!

De cette belle aventure gastronomique, je garde en souvenir les poignées de mains franches, les yeux rieurs, les accolades sympathiques et les fous rires partagés devant des plats délicieux concoctés avec passion.

Les « Ticos » sont si attachants, que même si on y passe que quelque temps, on a vraiment l’impression de quitter de bons amis.

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