0
9 Sep
2015

La nature au coeur du tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Par Jasmine Nadeau | Catégories : Costa Rica, Gastronomie - cuisines

Ah, l’Amour! j’ai perdu toute objectivité, je l’avoue, le Costa Rica m’a enivrée.

J’ai été séduite par la bonne humeur des gens qui vous regardent dans les yeux en lançant « Pura Vida » en éclatant de rire!

J’ai été emportée par la vague de détermination qui animent les passionnés de tourisme responsable et équitable, conquise par la détermination de tous à protéger leur territoire majestueux, éprise par ces Ticos (les Costaricains) qui travaillent à procurer une vie décente et équitable à tout leurs concitoyens.

Tomber en amour ça prend du temps, il faut laisser les événements s’ajouter les uns aux autres pour que puisse naître ce sentiment si précieux.

Tout d’abord il y a la nature… puis il y a ceux qui en prennent soin tout en favorisant la richesse.

La route à partir de San Jose nous fait découvrir des paysages spectaculaires, la forêt est partout, c’est la jungle à perte de vue. Notre petit car arpente un chemin sinueux et grimpe tant et si bien qu’on se retrouve entourés de nuages.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Magnifique paysage vallonné autour de Villa Blanca.

Notre car doit s’arrêter, une horde de cyclistes en pleine course nous coupent la route. Ils remontent la montagne à grand coup de pédales, ils ont l’air exténués. Nous sortons les encourager, ils sont des centaines à se succéder. Ils nous sourient et nous signent de la main. Il paraît que c’est comme ça tous les dimanches.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Croisé sur le chemin vers Villa Blanca : un fermier et ses chevaux.

La prochaine halte, nous la devons à un paysan et ses chevaux qu’il tient au licou, puis à un cortège de coatis qui traversent l’entrée de Villa Blanca, un hôtel juché au sommet de la colline, là ou les nuages semblent faire la sieste. Ils appellent cet habitat la forêt brumeuse du Costa Rica.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

La chapelle de Villa Blanca, construite par un ancien président pour sa femme.

Ce brouillard apaisant entoure le bâtiment principal et les maisonnettes installées çà et là sur le terrain. On découvre une jolie chapelle sur le haut d’une colline voisine.

L’histoire raconte qu’un ancien président l’avait fait construire pour sa femme. À sa mort, la veuve a décidé de vendre la merveilleuse propriété et ses terres à un Américain, un certain James Damalas de Los Angeles.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Très jolies fleurs tout près de l’hôtel.

Elle serait sans doute très fière de voir à quel point cet homme a su transformer ce petit paradis en un hôtel tout ce qu’il y a de plus responsable. Plutôt que de s’approprier la terre d’en faire une oasis pour sa clientèle et de garder la population à l’écart, il a impliqué le village et sa population dans son projet.

« Il a fallu les convaincre, faire venir des psychologues pour les rencontrer. Ils nous répétaient qu’ils n’avaient rien à offrir aux touristes, qu’ils n’étaient que des gens de la terre qui cultivaient les champs et qui élevaient du bétail », raconte le sympathique Jim Damalas, un sourire aux lèvres.

Jim Damalas tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Ancien réalisateur devenu hôtelier défenseur du tourisme responsable et équitable au Costa Rica : Jim Damalas.

« Nous avons travaillé leur estime de soi et ils ont compris ce que c’est que le tourisme agricole. Que ce qu’ils sont et ce qu’ils font a une grande valeur. Ils en sont très fiers aujourd’hui. »

« Nous contribuons aussi à financer l’école du village et nous invitons les clients de l’hôtel à s’impliquer. Avant leur arrivée, nous envoyons une liste de matériel scolaire pour suggérer à la clientèle un don qu’ils peuvent facilement glisser dans leur valise. »

À l’hôtel Villa Blanca, tout est pensé en fonction de la réduction de l’empreinte écologique : triage des déchets pour maximiser le recyclage, filtration naturelle des eaux usées, traitements écologique des matières solides, compostage, utilisation d’énergie renouvelable, etc.

Jim Damalas tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Deux toucans perchés dans un arbre.

De l’extérieur, rien n’y paraît, on ne perçoit qu’un magnifique hôtel entouré d’une nature luxuriante. Deux toucans juchés sur arbre nous rappellent l’incroyable biodiversité du Costa Rica. Un si petit pays qui possède 6 % de toute la biodiversité mondiale !

Pour contribuer à cet effort de protection de la nature, Jim a aussi mis en place un programme de reforestation. J’ai d’ailleurs reçu mon certificat. Un arbre a été planté en mon nom pour participer à l’annulation de mon empreinte écologique lors de mon passage.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Mon certificat de plantation d’arbre de l’hôtel Santa Juana.

C’est plus de 15 000 arbres qui ont été plantés depuis 10 ans sur la propriété. Et pas seulement chez Jim, le Costa Rica est le premier pays à avoir inversé le processus de déforestation, 50 % de sa superficie est maintenant recouverte de forêt.

Une des maisonnettes de la propriété abrite un centre de recherche sur la forêt brumeuse. Financé par l’hôtel, ce centre est voué à l’étude des différentes espèces animales et végétales qu’on y retrouve.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Des dizaines d’insectes naturalisés et d’araignées incroyables sont accrochés aux murs du centre de recherche.

Des dizaines d’insectes naturalisés et d’araignées incroyables sont accrochés aux murs. Des caméras à infrarouge postées dans les sentiers nous divulguent des images de coyotes, d’une espèce de sanglier et même d’un magnifique jaguar.

Le soir, les jeunes du centre de recherche organisent des randonnées nocturnes dans les sentiers pour découvrir des grenouilles, serpents et insectes à la lueur des lampes de poche. J’y ai vu une vipère verte, une grosse araignée et de jolies grenouilles colorées!

Un peu plus bas se trouve le jardin biologique qui fournit aux cuisines des produits frais comme des aubergines, des piments ou des fines herbes.

En haut de la côte, trois vaches sympathiques broutent paisiblement en nous jetant des regards un peu endormis. Ce sont elles qui approvisionnent l’hôtel en fromage et autres produits laitiers.

C’est l’heure de la traite et le fermier m’invite à tenter la manœuvre. Malgré ses explications et démonstrations pourtant très claires, le mince filet de lait que j’arrive à extraire des tétines est bien loin de remplir mon seau. Heureusement il vient à ma rescousse pour que je puisse donner le biberon au jeune veau affamé par mon inexpérience.

Côté cuisine, la gastronomie épouse le concept de la ferme à la table, mettant en vedette les aliments produits sur place et les achats locaux, préférablement biologiques.

L’hôtel a aussi adhéré au plan national pour une gastronomie saine, durable et équitable ce qui leur apporte un défi additionnel, celui de promouvoir les aliments indigènes du Costa Rica.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Les raviolis aux champignons, un des plats servis à l’hôtel Villa Blanca.

Ce soir, Jim nous organise un repas au El Sendero restaurant avec son équipe. Au menu, en entrée, une crème de plantain garni de croutons de fromages vieilli et fumé à la ferme, un cocktail de cœurs de palmier à la mousse de cardamome, gnocchis aux patates douces et beurre de noisette, basilic et origan.

Comme plat principal, nous avions le choix entre des raviolis de champignons dans une purée de citrouille, une longe de porc grillée et glacée d’un chipotlé d’ananas et une l’entrecôte au jus de nances (de petits fruits jaunes). En guise de dessert : une tarte de papaye accompagnée de crème glacée maison.

Les plats sont très bien présentés et les saveurs sont délicieuses, délicates. Parfois ce sont des parfums nouveaux qui aiguisent notre plaisir, une expérience gastronomique digne des très bons restaurants, exotisme en prime.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica

Ma chambre, au Villa Blanca.

Un sentier éclairé guide nos pas vers notre maisonnette composée d’une chambre, d’un bureau, d’un foyer et d’un balcon avec vue sur la jungle.

Pendant que je me prépare à me coucher dans le gros lit douillet, Michel en profite pour allumer le petit foyer, question d’enlever un peu d’humidité, les soirées sont un peu plus fraîches, mais très confortables.

Même si c’est la saison des pluies, il ne pleut qu’une heure ou deux par jour et pas tous les jours.

tourisme responsable et équitable au Costa Rica Santa Juana

Le panorama sur la forêt tropicale à partir de Santa Juana.

Greentique Hotels, l’entreprise de gestion d’hôtel que dirige Jim, possède quatre établissements champions du tourisme responsable et équitable au Costa Rica : le Villa Blanca situé dans la forêt brumeuse; le Si Como No, sur la côte du pacifique et voisin du parc naturel Manuel Antonio où l’on peut admirer des paresseux; le Santa Juana, juché à la canopée des arbres, et Aguila de Rosa avec vue sur la tranquille baie de Drake.

Ils sont tous situés dans des territoires sauvages, protégés et luxuriants avec la même philosophie écoresponsable. De plus, Santa Juana est entièrement administré par des Costaricains. Jim n’a plus qu’à regarder sa belle équipe s’épanouir. Quel bel exemple pour le monde entier !

 

Aucun commentaire
Ajouter un commentaire »

Partagez votre avis...

© 2012. Tous droits réservés. Coups de coeur pour le Monde
Influenza Réalisation :